J'ai 14 ans et je ne suis pas invitée à la grande fête à laquelle tout le monde va.
Une partie du couloir a organisé une galette partie sans que je sois invitée.
J'ai 14 ans, je m'enferme, furieuse.
Contre cette putain de galette,
toutes ces putains de galettes,
ces rires provocateurs,
ces petites vexations quotidiennes.
J'ai 14 ans, je suis un monstre et je les hais.
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mercredi, janvier 07, 2009
mercredi, décembre 31, 2008
Un père, une mère et manque
Je n'ai besoin de rien,
merci.
Je ne veux pas de votre protection,
je ne veux pas de vos conseils,
je ne veux pas de votre amour.
J'ai déjà du mal avec votre présence,
elle sonne faux,
politique,
humiliante,
étouffante.
Je ne veux pas de vous,
merci.
Je me suffis à moi-même depuis si longtemps
que je vous avais oubliés.
Ne me touchez pas,
merci.
Vous arrivez trop tard.
Je ne veux plus vous voir.
merci.
Je ne veux pas de votre protection,
je ne veux pas de vos conseils,
je ne veux pas de votre amour.
J'ai déjà du mal avec votre présence,
elle sonne faux,
politique,
humiliante,
étouffante.
Je ne veux pas de vous,
merci.
Je me suffis à moi-même depuis si longtemps
que je vous avais oubliés.
Ne me touchez pas,
merci.
Vous arrivez trop tard.
Je ne veux plus vous voir.
jeudi, décembre 25, 2008
Titane menthe
Tu avais des genoux en titane
et des bonbons à la menthe plein les poches.
Du titane pour te tenir droite,
face à la douleur,
face au monde.
Des menthes claires
contre
le mauvais goût.
Tu ne supportais pas
le mauvais goût,
l'approximatif,
le moyen,
la fuite.
Toi qui était si fière,
si forte,
si élégante,
ils ont tué ta dignité,
pour mieux t'achever,
ils ont tué ta volonté,
pour mieux t'enlever
la parole,
tout espoir,
pour nous faire
plier.
Ils ont tout pris,
pour ne laisser,
fondus dans le crématoire
sous les roses
et cet ensemble violet
si chic,
que tu aimais tant,
que du titane,
et de la menthe.
Mes hurlements.
et des bonbons à la menthe plein les poches.
Du titane pour te tenir droite,
face à la douleur,
face au monde.
Des menthes claires
contre
le mauvais goût.
Tu ne supportais pas
le mauvais goût,
l'approximatif,
le moyen,
la fuite.
Toi qui était si fière,
si forte,
si élégante,
ils ont tué ta dignité,
pour mieux t'achever,
ils ont tué ta volonté,
pour mieux t'enlever
la parole,
tout espoir,
pour nous faire
plier.
Ils ont tout pris,
pour ne laisser,
fondus dans le crématoire
sous les roses
et cet ensemble violet
si chic,
que tu aimais tant,
que du titane,
et de la menthe.
Mes hurlements.
vendredi, décembre 19, 2008
Tenir
Je tiens à toi.
Tiens-toi droit !
Je me tiens à toi.
Attrape-moi.
Je tiens à toi.
Je ne peux pas.
Je tiens à toi.
Je ne saurai pas.
Je tiens à toi.
On ne m'a jamais
dit ça
Je tiens à toi.
Je tiens
à toi.
Tiens-toi droit !
Je me tiens à toi.
Attrape-moi.
Je tiens à toi.
Je ne peux pas.
Je tiens à toi.
Je ne saurai pas.
Je tiens à toi.
On ne m'a jamais
dit ça
Je tiens à toi.
Je tiens
à toi.
vendredi, décembre 12, 2008
Apnée
Plonger,
dans ton bleu,
et se laisser pétiller
à ta surface,
doucement,
longuement.
Te sentir approcher,
hésiter,
approcher,
rire
approcher
donner
des plis dans les creux
des creux dans l'en-vie.
Mais plonger,
me perdre
oublier,
me souvenir,
respirer
ton souffle.
Plonger,
plus loin,
plus profond,
en tes bleus,
lentement,
s'échapper,
ne plus parler,
ne plus respirer,
ton souffle,
sur mon cou.
dans ton bleu,
et se laisser pétiller
à ta surface,
doucement,
longuement.
Te sentir approcher,
hésiter,
approcher,
rire
approcher
donner
des plis dans les creux
des creux dans l'en-vie.
Mais plonger,
me perdre
oublier,
me souvenir,
respirer
ton souffle.
Plonger,
plus loin,
plus profond,
en tes bleus,
lentement,
s'échapper,
ne plus parler,
ne plus respirer,
ton souffle,
sur mon cou.
vendredi, octobre 10, 2008
Elle et moi
Je suis sur un coussin bleu en forme de fleur
sur un vélo rouge,
et toi, tu pédales,
tu pédales.
Je connais les Iles par coeur,
vues de derrière toi.
Je suis assise dans un coin,
à la bibliothèque,
à lire des BD,
tu te marres avec quelqu'un,
tu parles trop fort,
j'ai un peu honte,
puis tu m'engueules,
il faut ranger les retours.
J'ai les livres au coeur
malgré moi.
Je prépare mon brevet,
j'ai un peu peur.
Tu fais les dictées de ma mère avec moi,
en riant aux éclats !
Les mots sont mon coeur
de métier,
tu me les as fait rire,
pour les avaler.
Nous sommes assises,
chacune d'un côté de la table de ta cuisine,
nous pleurons de rire.
Tu adorais Mademoiselle Lelonbec,
la moumoute dans le bénitier,
France-soir devant et le Petit Echos de la Motte derrière.
J'aime Fernand Raynaud,
parce que tu en ris encore.
Je ne veux pas aller la voir,
elle joue mal.
Et puis je ne la connais même pas.
Tu t'en fous.
Elle lit beaucoup,
Tu me dis,
Va donc jouer au basket avec elle.
J'ai une amie de coeur,
tu l'as mise sur ma route.
Tu as toujours été là,
avec moi,
devant moi,
contre moi.
Je ne suis pas sûre que je pourrais,
sans toi.
Mon ancre à la vie.
Suzanne est morte le 10 juillet 2008.
Je n'y arrive toujours pas.
sur un vélo rouge,
et toi, tu pédales,
tu pédales.
Je connais les Iles par coeur,
vues de derrière toi.
Je suis assise dans un coin,
à la bibliothèque,
à lire des BD,
tu te marres avec quelqu'un,
tu parles trop fort,
j'ai un peu honte,
puis tu m'engueules,
il faut ranger les retours.
J'ai les livres au coeur
malgré moi.
Je prépare mon brevet,
j'ai un peu peur.
Tu fais les dictées de ma mère avec moi,
en riant aux éclats !
Les mots sont mon coeur
de métier,
tu me les as fait rire,
pour les avaler.
Nous sommes assises,
chacune d'un côté de la table de ta cuisine,
nous pleurons de rire.
Tu adorais Mademoiselle Lelonbec,
la moumoute dans le bénitier,
France-soir devant et le Petit Echos de la Motte derrière.
J'aime Fernand Raynaud,
parce que tu en ris encore.
Je ne veux pas aller la voir,
elle joue mal.
Et puis je ne la connais même pas.
Tu t'en fous.
Elle lit beaucoup,
Tu me dis,
Va donc jouer au basket avec elle.
J'ai une amie de coeur,
tu l'as mise sur ma route.
Tu as toujours été là,
avec moi,
devant moi,
contre moi.
Je ne suis pas sûre que je pourrais,
sans toi.
Mon ancre à la vie.
Suzanne est morte le 10 juillet 2008.
Je n'y arrive toujours pas.
lundi, mai 05, 2008
Désobéir
Je me rappelle très bien ces résistants qui venaient à la maison.
Je me rappelle ces hommes et ces femmes qui savaient pourquoi ils s'étaient battus, pour quoi ils se battaient encore, pourquoi ils vivaient.
Contre quoi.
Je me rappelle aussi les bras décharnés, les yeux enfoncés.
Je me rappelle l'Affiche rouge.
Je me rappelle très bien m'être demandée, fugacement, si j'aurais été résistante et m'être dit, encore plus vite,
bien sûr,
évidemment.
Je le veux.
Mais j'ai aussi très tôt réalisé que la question n'est pas seulement de savoir ce qu'on voudrait être,
mais à quel moment on décide de le devenir.
A quel moment tout bascule.
A quel moment c'est tout simplement trop.
Ce qui fait basculer l'un ne fait pas forcément basculer l'autre.
Ce moment là est très personnel.
C'est à chacun de regarder en soi et de voir jusqu'où ça va
là-dedans.
Jusqu'où j'obéis,
jusqu'où je laisse faire.
Jusqu'où je suis fidèle à cette enfant que j'étais.
Ce matin, ils sont venus tôt, très tôt.
Ils ont pris un jeune couple,
puis une famille avec un enfant et la maman enceinte.
Ils les ont emmenés.
Demain, ils seront en Pologne,
après-demain, en Tchétchénie,
où leur vie ne vaut rien.
Que vaut la mienne, si je laisse faire ?
Je me rappelle ces hommes et ces femmes qui savaient pourquoi ils s'étaient battus, pour quoi ils se battaient encore, pourquoi ils vivaient.
Contre quoi.
Je me rappelle aussi les bras décharnés, les yeux enfoncés.
Je me rappelle l'Affiche rouge.
Je me rappelle très bien m'être demandée, fugacement, si j'aurais été résistante et m'être dit, encore plus vite,
bien sûr,
évidemment.
Je le veux.
Mais j'ai aussi très tôt réalisé que la question n'est pas seulement de savoir ce qu'on voudrait être,
mais à quel moment on décide de le devenir.
A quel moment tout bascule.
A quel moment c'est tout simplement trop.
Ce qui fait basculer l'un ne fait pas forcément basculer l'autre.
Ce moment là est très personnel.
C'est à chacun de regarder en soi et de voir jusqu'où ça va
là-dedans.
Jusqu'où j'obéis,
jusqu'où je laisse faire.
Jusqu'où je suis fidèle à cette enfant que j'étais.
Ce matin, ils sont venus tôt, très tôt.
Ils ont pris un jeune couple,
puis une famille avec un enfant et la maman enceinte.
Ils les ont emmenés.
Demain, ils seront en Pologne,
après-demain, en Tchétchénie,
où leur vie ne vaut rien.
Que vaut la mienne, si je laisse faire ?
lundi, avril 21, 2008
Hormones
Depuis quelques jours, rien ne va plus.
Il faut dire que la conjoncture n'est pas très rieuse et qu'en outre, il fait un froid polaire, ici,
à 500 km au nord.
Je me sentais cependant un peu mieux ce matin.
J'écoutais d'une oreille distraite France Inter en buvant ma chicorée.
Ca parlait histoire, ça parlait enterrement d'un poête, ça parlait dignité, ça parlait responsabilité.
La femme du poête a dit quelque chose comme "Le Président S. ne s'est pas exprimé, ce qui est une bonne chose, il n'est pas connu comme étant particulièrement humaniste".
Ca m'a mis le sourire aux lèvres et un peu de pêche là où ça manquait.
Juste après, le journaliste l'a annoncé comme on fait la liste des courses.
Une mort passée un peu inaperçue dans tout ce vacarme.
Germaine Tillion.
100 ans de combat.
Et une liste des courses.
J'ai éclaté en sanglots.
Puis j'ai pensé à la femme du poête et je me suis dit que non, tout espoir n'était pas perdu.
Germaine est en nous.
J'espère,
encore.
Il faut dire que la conjoncture n'est pas très rieuse et qu'en outre, il fait un froid polaire, ici,
à 500 km au nord.
Je me sentais cependant un peu mieux ce matin.
J'écoutais d'une oreille distraite France Inter en buvant ma chicorée.
Ca parlait histoire, ça parlait enterrement d'un poête, ça parlait dignité, ça parlait responsabilité.
La femme du poête a dit quelque chose comme "Le Président S. ne s'est pas exprimé, ce qui est une bonne chose, il n'est pas connu comme étant particulièrement humaniste".
Ca m'a mis le sourire aux lèvres et un peu de pêche là où ça manquait.
Juste après, le journaliste l'a annoncé comme on fait la liste des courses.
Une mort passée un peu inaperçue dans tout ce vacarme.
Germaine Tillion.
100 ans de combat.
Et une liste des courses.
J'ai éclaté en sanglots.
Puis j'ai pensé à la femme du poête et je me suis dit que non, tout espoir n'était pas perdu.
Germaine est en nous.
J'espère,
encore.
mercredi, mars 05, 2008
Il fait beau !
Ce matin, dans le tram,
des yeux bleus, très bleus,
très durs,
qui ne regardent pas.
Ce matin, à l'arrêt du tram,
des yeux doux,
dans de très longs cils.
Ces yeux-là m'ont regardée,
dans un éclair,
comme on regarde sans oser.
J'ai détourné les yeux,
comme ça se fait.
Je ferai mieux,
la prochaine fois.
des yeux bleus, très bleus,
très durs,
qui ne regardent pas.
Ce matin, à l'arrêt du tram,
des yeux doux,
dans de très longs cils.
Ces yeux-là m'ont regardée,
dans un éclair,
comme on regarde sans oser.
J'ai détourné les yeux,
comme ça se fait.
Je ferai mieux,
la prochaine fois.
lundi, novembre 12, 2007
Arthrose
Tais-toi.
Ô ma colère.
Tais-toi.
Je ne veux plus
hurler.
Je ne veux plus
avoir peur.
Tais-toi.
Je t'ai trouvée,
je sais, enfin,
qui tu es.
Tu es arrivée quand il est parti.
Tu as grandi de son absence.
De son mépris.
Tais-toi.
Tu es là.
Je le sais.
Depuis qu'il ne m'aime pas.
Depuis qu'il ne veut plus
rien savoir
de moi.
Tais-toi.
Mais tais-toi donc !
Ne vois-tu pas
que tu me tues ?
Je ne veux plus
avoir besoin de toi,
avoir besoin de lui.
Tais-toi.
Tais-toi.
Papa.
Tu n'es plus
pour moi
qu'une colère.
Ô ma colère.
Tais-toi.
Je ne veux plus
hurler.
Je ne veux plus
avoir peur.
Tais-toi.
Je t'ai trouvée,
je sais, enfin,
qui tu es.
Tu es arrivée quand il est parti.
Tu as grandi de son absence.
De son mépris.
Tais-toi.
Tu es là.
Je le sais.
Depuis qu'il ne m'aime pas.
Depuis qu'il ne veut plus
rien savoir
de moi.
Tais-toi.
Mais tais-toi donc !
Ne vois-tu pas
que tu me tues ?
Je ne veux plus
avoir besoin de toi,
avoir besoin de lui.
Tais-toi.
Tais-toi.
Papa.
Tu n'es plus
pour moi
qu'une colère.
vendredi, octobre 26, 2007
Désiré
Il s'appelait Désiré.
Jules. Jules-Désiré.
Elle l'appelait l'un ou l'autre, ou les trois, selon l'humeur.
Désiré le tendre.
Jules le "testaru", plus buté qu'un âne.
Mon papy.
Il avait une moustache, le crâne dégarni,
les cheveux fins, comme moi.
Il gueulait en patois, elle en italien.
Ils m'ont donné le goût des langues en s'engueulant,
en s'aimant.
Mon papy.
Il m'emmenait à la pêche quand j'étais petite, dans la Drôme.
On prenait de la friture qu'elle préparait en riant.
Il entrait parfois dans des colères noires.
Il portait des charentaises, des vraies,
un survêtement,
une "bonnette" l'hiver et un "capéo" l'été.
Elle insistait.
Il était gareur, avant,
mon papy,
il faisait les 3/8 et rentrait au petit matin,
son casque anti-bruit à la main.
Il aimait le saucisson,
son p'tit coup d'rouge, aussi,
et la cafétéria du Géant Casino,
où on allait, le vendredi,
en dimanche.
Il conduisait doucement,
ça m'énervait des fois.
Il était fort
mon papy,
des avant-bras larges et noueux, toujours bronzés, tannés,
les mains comme des battoirs, rapeuses, toujours génées de se poser sur la table.
Il n'arrêtait jamais,
mon papy.
Il domptait les abeilles,
les arbres,
les picodons qui coulent.
Il inventait des monstres,
des cachettes,
des histoires.
Et Gibacier habitait dans le fourré.
Même que la mongolfière du 14 juillet, la toute petite, j'allais monter dedans,
fallait prévoir le K-way.
Il aimait rigoler,
mon papy.
Il m'aimait.
Comme il savait.
Il ne craignait pas les morsures d'insectes,
mon papy,
ni les serpents,
ni les éléments,
ni la mort.
Il aurait haussé les épaules, froncé les sourcils, ennuyé,
il se serait essuyé le front de la main,
il aurait dit : "qu'est-ce que tu veux ? c'est comme ça, hein... c'est malheureux."
Un peu fâché.
Il aurait compris ma révolte, mais il aurait voulu me faire taire,
il aurait essayé.
Mais jamais, jamais, je ne me tairai,
papy,
toujours je veux dire tout cet amour,
toujours.
Il y a eu les cris, les pleurs, les silences,
l'espace et le temps,
entre nous.
Et puis il y a eu samedi,
des mots d'amour dans tous les trous.
Et des bisous.
A mon papy,
Jules,
Désiré.
Jules. Jules-Désiré.
Elle l'appelait l'un ou l'autre, ou les trois, selon l'humeur.
Désiré le tendre.
Jules le "testaru", plus buté qu'un âne.
Mon papy.
Il avait une moustache, le crâne dégarni,
les cheveux fins, comme moi.
Il gueulait en patois, elle en italien.
Ils m'ont donné le goût des langues en s'engueulant,
en s'aimant.
Mon papy.
Il m'emmenait à la pêche quand j'étais petite, dans la Drôme.
On prenait de la friture qu'elle préparait en riant.
Il entrait parfois dans des colères noires.
Il portait des charentaises, des vraies,
un survêtement,
une "bonnette" l'hiver et un "capéo" l'été.
Elle insistait.
Il était gareur, avant,
mon papy,
il faisait les 3/8 et rentrait au petit matin,
son casque anti-bruit à la main.
Il aimait le saucisson,
son p'tit coup d'rouge, aussi,
et la cafétéria du Géant Casino,
où on allait, le vendredi,
en dimanche.
Il conduisait doucement,
ça m'énervait des fois.
Il était fort
mon papy,
des avant-bras larges et noueux, toujours bronzés, tannés,
les mains comme des battoirs, rapeuses, toujours génées de se poser sur la table.
Il n'arrêtait jamais,
mon papy.
Il domptait les abeilles,
les arbres,
les picodons qui coulent.
Il inventait des monstres,
des cachettes,
des histoires.
Et Gibacier habitait dans le fourré.
Même que la mongolfière du 14 juillet, la toute petite, j'allais monter dedans,
fallait prévoir le K-way.
Il aimait rigoler,
mon papy.
Il m'aimait.
Comme il savait.
Il ne craignait pas les morsures d'insectes,
mon papy,
ni les serpents,
ni les éléments,
ni la mort.
Il aurait haussé les épaules, froncé les sourcils, ennuyé,
il se serait essuyé le front de la main,
il aurait dit : "qu'est-ce que tu veux ? c'est comme ça, hein... c'est malheureux."
Un peu fâché.
Il aurait compris ma révolte, mais il aurait voulu me faire taire,
il aurait essayé.
Mais jamais, jamais, je ne me tairai,
papy,
toujours je veux dire tout cet amour,
toujours.
Il y a eu les cris, les pleurs, les silences,
l'espace et le temps,
entre nous.
Et puis il y a eu samedi,
des mots d'amour dans tous les trous.
Et des bisous.
A mon papy,
Jules,
Désiré.
jeudi, octobre 25, 2007
Comme une bougie
Il s'éteint comme une bougie,
elle a dit.
Sa dernière flamme
aux premières lueurs du jour.
Il s'est éteint comme une bougie.
Mon papy.
elle a dit.
Sa dernière flamme
aux premières lueurs du jour.
Il s'est éteint comme une bougie.
Mon papy.
Bleu dans gris
mardi, octobre 23, 2007
dimanche, octobre 07, 2007
Carcasse
Tu ne l'aimes pas
mais tu l'habites bien.
Tu as dit ça.
Que vois-tu là que je ne vis pas ?
Car je vis séparée.
Divorcée de moi-même.
Ne le vois-tu pas ?
Je n'habite nulle part.
Je voulais être un pur esprit,
ignorer l'enveloppe pour mieux exister
en vrai.
Mais elle s'est vengée
et m'a envahie de toutes parts,
me laissant prisonnière
derrière mes barreaux de chair.
Impossible de m'échapper,
je refuse toujours de cohabiter.
De faire semblant.
Je n'accepte de la voir que parfaite.
Je ne la croise pratiquement jamais.
Un reflet dans un miroir, de temps en temps.
Non, je ne l'aime pas.
Mais elle m'habite,
malgré moi.
mais tu l'habites bien.
Tu as dit ça.
Que vois-tu là que je ne vis pas ?
Car je vis séparée.
Divorcée de moi-même.
Ne le vois-tu pas ?
Je n'habite nulle part.
Je voulais être un pur esprit,
ignorer l'enveloppe pour mieux exister
en vrai.
Mais elle s'est vengée
et m'a envahie de toutes parts,
me laissant prisonnière
derrière mes barreaux de chair.
Impossible de m'échapper,
je refuse toujours de cohabiter.
De faire semblant.
Je n'accepte de la voir que parfaite.
Je ne la croise pratiquement jamais.
Un reflet dans un miroir, de temps en temps.
Non, je ne l'aime pas.
Mais elle m'habite,
malgré moi.
Pensée magique

Le rendez-vous datait de plus de 20 ans.
Je m'y suis rendue sans trop d'espoir.
J'ai planté ma pagaie dans le métal fondu
de la rivière mer,
comme dans un rêve.
Tu n'avais pas oublié,
la promesse d'enfant.
Tu as surgi des profondeurs
du bleu
des temps,
pour m'offrir ta respiration.
Et j'ai senti.
Et j'ai compris.
L'instant.
Tu t'es donnée à moi,
anachronique et contradictoire.
Et tu m'as rendu mon enfance,
mon éternité.
jeudi, septembre 27, 2007
Etre une femme
J'ai envie de hurler.
Je reviens à la France et ce que j'entends me rend violente.
La liste est longue.
Comme d'habitude je me sens découragée avant même de commencer la discussion.
Je n'ai pas envie de discuter.
Juste de gueuler.
J'assume mon intolérance et ma révolte.
Je ne parlerai que d'une image.
Un contraste entre une forme nue alanguie et un corps presque mort de vouloir disparaître.
Une photo choc par un habitué du genre.
Qui ose dire les cris cachés de notre société.
Oui, j'aime les photos de cet homme.
Il met le doigt là où ça pleure en silence.
Il montre le non-dit qui nous étouffe.
Celle-ci c'est une gueulante.
Contre l'hypocrisie d'un monde où l'on pousse les femmes à être toujours plus minces, toujours plus jeunes, en refusant d'en voir les conséquences.
Non, cette photo n'est pas pour les anorexiques.
Elles n'y trouveront pas ce dont elles manquent.
Elle est pour l'homme de la rue qui regarde des femmes nues photoshopées et que ça fait bander.
Elle est pour les copines de bureau qui critiquent les formes de telle ou telle, qui devrait faire un régime.
Elle est pour les parents qui laissent leurs enfants traiter leurs copains de gros.
Elle est pour ceux qui oublient qu'on ne vit qu'une fois, dans ce corps-là, et qu'il est notre seul dieu.
A en crever.
Je reviens à la France et ce que j'entends me rend violente.
La liste est longue.
Comme d'habitude je me sens découragée avant même de commencer la discussion.
Je n'ai pas envie de discuter.
Juste de gueuler.
J'assume mon intolérance et ma révolte.
Je ne parlerai que d'une image.
Un contraste entre une forme nue alanguie et un corps presque mort de vouloir disparaître.
Une photo choc par un habitué du genre.
Qui ose dire les cris cachés de notre société.
Oui, j'aime les photos de cet homme.
Il met le doigt là où ça pleure en silence.
Il montre le non-dit qui nous étouffe.
Celle-ci c'est une gueulante.
Contre l'hypocrisie d'un monde où l'on pousse les femmes à être toujours plus minces, toujours plus jeunes, en refusant d'en voir les conséquences.
Non, cette photo n'est pas pour les anorexiques.
Elles n'y trouveront pas ce dont elles manquent.
Elle est pour l'homme de la rue qui regarde des femmes nues photoshopées et que ça fait bander.
Elle est pour les copines de bureau qui critiquent les formes de telle ou telle, qui devrait faire un régime.
Elle est pour les parents qui laissent leurs enfants traiter leurs copains de gros.
Elle est pour ceux qui oublient qu'on ne vit qu'une fois, dans ce corps-là, et qu'il est notre seul dieu.
A en crever.
vendredi, septembre 21, 2007
The perfect lover
You're the man I'll never make love with.
I touched you with the tip of my fingers,
the tip of my tong,
a bit of my heart.
I put naked thoughts in your silence,
hands on me in your eyes.
You are the perfect lover.
Real, you hug me, you touch me,
you give, you take,
whenever you want, the way you want.
You play with me and I like that.
And I want that.
Imaginary, you kiss me, you touch me,
you take me, you give yourself to me,
as long as you want, the way you want.
You play with me and I like that.
And I want that.
I can feel your skin against mine, your lips on my cheek, your
hands on my body.
I want them everywhere.
I want you inside.
But you already are.
You're the perfect lover.
I touched you with the tip of my fingers,
the tip of my tong,
a bit of my heart.
I put naked thoughts in your silence,
hands on me in your eyes.
You are the perfect lover.
Real, you hug me, you touch me,
you give, you take,
whenever you want, the way you want.
You play with me and I like that.
And I want that.
Imaginary, you kiss me, you touch me,
you take me, you give yourself to me,
as long as you want, the way you want.
You play with me and I like that.
And I want that.
I can feel your skin against mine, your lips on my cheek, your
hands on my body.
I want them everywhere.
I want you inside.
But you already are.
You're the perfect lover.
lundi, juin 25, 2007
Ce dont je ne peux pas parler
Je viens de faire le repassage.
La dernière fois, c'était il y a trois jours et je me faisais du souci parce que Ratatouille jouait avec le fil du fer et j'avais peur qu'elle se le prenne sur la tête.
Je lui ai mis une tape sur les fesses et je l'ai emmenée dehors pour qu'elle joue avec Mogwaï.
Samedi matin, une copine est venue les nourrir et elle a trouvé Ratatouille morte.
La tête ensanglantée.
Ce n'était pas le fer.
Nous sommes rentrés en urgence. Voir. Essayer de comprendre.
Mais je ne comprends rien.
L'odeur, les traces sur son cou. Tout désigne le gros chat noir non castré qui entre parfois chez nous. Elle aura voulu défendre son territoire et se sera pris une raclée.
Mogwaï ? Sûrement pas.
Elle l'adorait.
Et puis il y avait cette odeur, et la violence de la scène : la copine dit que l'appart était sans dessus dessous.
Un chien ? Mais comment aurait-il pu passer les murs du jardin ?
Tout est possible.
Je n'étais pas là.
Je n'étais pas là non plus quand Poutch a fini par mourir. Bien sûr, je l'ai soutenu pendant sa lente agonie, la Leucose avance à petits pas, elle laisse le temps de dire adieu.
Mais je n'étais pas là.
Je sens une malédiction sur cet appartement, sur moi.
Rien n'y pousse.
Je vois cet enfant que nous n'aurons probablement jamais.
Je vois la petite courir en tous sens pour échapper à son assaillant, nous chercher partout et finir par mourir devant cette putain de porte où nous aurions dû apparaître.
Je n'étais pas là.
La dernière fois, c'était il y a trois jours et je me faisais du souci parce que Ratatouille jouait avec le fil du fer et j'avais peur qu'elle se le prenne sur la tête.
Je lui ai mis une tape sur les fesses et je l'ai emmenée dehors pour qu'elle joue avec Mogwaï.
Samedi matin, une copine est venue les nourrir et elle a trouvé Ratatouille morte.
La tête ensanglantée.
Ce n'était pas le fer.
Nous sommes rentrés en urgence. Voir. Essayer de comprendre.
Mais je ne comprends rien.
L'odeur, les traces sur son cou. Tout désigne le gros chat noir non castré qui entre parfois chez nous. Elle aura voulu défendre son territoire et se sera pris une raclée.
Mogwaï ? Sûrement pas.
Elle l'adorait.
Et puis il y avait cette odeur, et la violence de la scène : la copine dit que l'appart était sans dessus dessous.
Un chien ? Mais comment aurait-il pu passer les murs du jardin ?
Tout est possible.
Je n'étais pas là.
Je n'étais pas là non plus quand Poutch a fini par mourir. Bien sûr, je l'ai soutenu pendant sa lente agonie, la Leucose avance à petits pas, elle laisse le temps de dire adieu.
Mais je n'étais pas là.
Je sens une malédiction sur cet appartement, sur moi.
Rien n'y pousse.
Je vois cet enfant que nous n'aurons probablement jamais.
Je vois la petite courir en tous sens pour échapper à son assaillant, nous chercher partout et finir par mourir devant cette putain de porte où nous aurions dû apparaître.
Je n'étais pas là.
lundi, janvier 22, 2007
Tordre le coup
La vie, c'est par paquets, vous avez remarqué ?
Les coups dur comme les coups de coeur.
Aujourd'hui, coup de pot, j'ai droit au coeur qui bat.
Pourquoi, je me demande ?
Ca doit venir de moi.
Je fais des efforts, je positive, et hop, récompense !
Bon, je vous l'accorde, ça ne marche pas tout le temps.
Presque jamais, même.
D'habitude, j'essaye de tenir (le coup) et je m'en prends (des coups) d'autres, qui finissent par me faire chuter.
Pas là.
Mieux encore, j'ai droit à une journée magique, où des gens que je croyaient perdus loin de ma vie se rappellent à moi.
Une que j'aime, un que je connais à peine mais qui traverse le monde et m'appelle en passant.
Bien sûr, je vis le meilleur moment, celui où on ne sait pas exactement ce qui nous vaut ce coup de pot phénoménal, où on peut imaginer ce qu'on veut, le plus chouette, le plus romantique, le plus fou.
Ce qui vient après, finalement, n'a que peu d'importance.
Les coups dur comme les coups de coeur.
Aujourd'hui, coup de pot, j'ai droit au coeur qui bat.
Pourquoi, je me demande ?
Ca doit venir de moi.
Je fais des efforts, je positive, et hop, récompense !
Bon, je vous l'accorde, ça ne marche pas tout le temps.
Presque jamais, même.
D'habitude, j'essaye de tenir (le coup) et je m'en prends (des coups) d'autres, qui finissent par me faire chuter.
Pas là.
Mieux encore, j'ai droit à une journée magique, où des gens que je croyaient perdus loin de ma vie se rappellent à moi.
Une que j'aime, un que je connais à peine mais qui traverse le monde et m'appelle en passant.
Bien sûr, je vis le meilleur moment, celui où on ne sait pas exactement ce qui nous vaut ce coup de pot phénoménal, où on peut imaginer ce qu'on veut, le plus chouette, le plus romantique, le plus fou.
Ce qui vient après, finalement, n'a que peu d'importance.
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